La fièvre des corps célestes

de Carmen Duca – collection Galimatias noir (policier)

Carmen Duca - La fièvre des corps célestes


Synopsis

Ami est secrétaire dans une agence de détectives. Submergée par la paperasse et clouée à son fauteuil à longueur de journée, son rêve est de participer à une enquête sur le terrain. Riche de sa «double existence» et des visions qui la titillent depuis sa première vie, elle s’imagine avoir des pouvoirs un peu paranormaux pour tirer au clair des investigations en panne sèche. L’occasion semble se présenter quand Marine Farinas demande à Théo, son patron, de résoudre l’insoluble énigme de l’assassinat de sa sœur. Ami réussira-t-elle là où la police a échoué ?

Une enquête «longue distance» parsemée d’épices et de retournements, avec des incursions dans Bologne et Miami, dont la morale est quelque peu cosmogonique : les planètes n’abandonnent jamais la partie.

La fièvre des corps célestes @ €16,00


Extraits
Carmen Duca - La fièvre des corps célestes
Cliquez sur l’image pour visualiser la couverture et la 4e

« Un mécanisme à base de multiples toupies s’était mis à vriller dans son cerveau. Des scénarios sur la mort de Nine Farinas défilaient en boucle sur l’écran mental. Quand elle arrivait enfin à sombrer dans le sommeil, la tête du tueur en série collait au hublot : grosse, rasée, traversée d’un rictus ébréché. Parfois, il prenait la forme d’un homme affligé d’acromégalie qui promenait un index énorme sur son cou. Parfois, il avait un air familier, un petit air de Didier van Cauwelaert sans son sourire magique.

Ami jaillissait du cauchemar le sang glacé et le regard scotché sur les fenêtres de la chambre ; une ombre semblait s’en éloigner, une longue silhouette à la Giacometti qui glissait sous les réverbères. »

« – Je comprends maintenant pourquoi tu m’as laissé des messages urgents partout, sur le portable, chez moi, à l’Hôtel de Police. Il n’y a que le satellite Astra et la station Mir que tu n’as pas essayés.

Théo était rentré en trombe et s’était garé dans l’unique endroit disponible : sous le panneau de stationnement interdit. »

« Ce n’était pas le manque de sucre, tous ces picotements. C’était le pressentiment. Positif ou non, Ami ne savait pas encore. Comme elle faisait aussi de banales chutes de glucose, il lui était impossible de distinguer d’avance l’extrasensoriel du physiologique. Chaque crampe ou engourdissement était une surprise à retardement. »

Les airs qui se greffent à la chair du livre :

Le détective Théo écoute dans son Audi « Fragile » d’Isaac Hayes & « Europe » de Santana

Ami fredonne à l’aéroport « America » de David Essex

 

La première page

PREMIER JANVIER

- L’ invitée d’honneur de ce Bouillon de culture est Amalia Bostan. Elle fait une entrée remarquable en ce début d’année littéraire avec son premier recueil de poèmes, “La première bouchée de clafoutis”, on le voit à la caméra. Alors, Amalia Bostan, non seulement vous contredisez la mort annoncée de la poésie mais vous prouvez qu’il n’y a pas d’âge pour commencer une carrière littéraire. Pourquoi avoir attendu quarante ans quand il s’agit d’un tel talent ? - Votre prosodie suggère que la quarantaine est synonyme de crépuscule, mon cher Bernard. Non, mais qu’est-ce qui vous prend ? Vous voulez m’empêcher de parler ? Ôtez votre main de mon visage, enfin…

Auteur de poèmes jamais publiés, Amalia Bostan se réveilla d’un bond, laissant l’image éberluée de l’animateur TV s’envoler avec les ondes alpha. C’était encore un rêve où son passé bâillonné luttait avec la quête d’affirmation, anthume si possible. Elle reprit l’oreiller qui lui avait écrasé le nez et s’y blottit en serrant les paupières. C’était impératif de retourner sur le plateau et placer un mot sonore, genre procrastination ou idiosyncrasie, dans les nobles oreilles des poètes. Zut, ils lui tournaient le dos, les zutiques, repartis vers leurs interstices temporels. Sans égards pour sa piètre figure. Toute transpirée dans le pyjama vert sapin qu’elle aimait piquer à Max, elle abandonna le lit et les velléités littéraires pour un thé à la bergamote, non sucré, avec une rondelle d’orange fraîche.

Les diverses odeurs de la cène finissaient de tourner : le granité d’avocats à l’ail, suivi dans le désordre par le panier feuilleté aux girolles sur fond de crème au poivre Sichuan, les escalopes de saumon grillées aux rubans de poireaux, le gâteau Cherry aux griottes. Elle traversa le salon en apnée. L’idée qu’elle mériterait de se faire publier persistait. Il suffisait de peaufiner çà et là et ses poèmes en prose seraient sortables. Amalia Bostan, écrivaine ! Poétesse, rhapsode… Vers-libriste ? Elle plaça ce projet au premier chapitre des bonnes résolutions et ouvrit largement les fenêtres : gueule de bois générale. La cité paraissait abandonnée comme un stade après un concert rock, avec les séquelles traditionnelles de la Saint-Sylvestre – voitures brûlées, abribus cassés, arcades éclatées. Des mesures de polka rapide s’échappaient d’un appartement voisin. Dans l’apathie ambiante c’était aussi cohérent qu’une fanfare dans un hôpital. En contrepoint du concert viennois, Amalia Bostan exécuta une série de respirations thoraciques, abdominales et claviculaires. Elle leva les bras pour bien ouvrir le parapluie de son diaphragme, inviter le cosmos à s’infiltrer dans ses alvéoles.

 

Informations détaillées

« La fièvre des corps célestes » de Carmen Duca. Editions Galimatias – collection Galimatias noir

172 pages | papier BOUFFANT ivoire 90 g | Impression à encre végétale | plaques sans chimie | Couvertures 350 g COUCHÉ SATINÉ.


La fièvre des corps célestes @ €16,00

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