Echos

Un vrai Bataphysicien !…
Tiens, Thomas Man (aka Radu Bata), puisque tu aimes ceci autant que moi, je pense que tu seras d’accord que l’exubérante fécondation croisée des Oulipiens germanopratins et des surréalistes valaques exilés n’a pas produit que des cadavres exquis, mais aussi ce maître passeur langagier, doublé d’un maître chanteur loquacier et d’un sherpa de l’ascension logothétique.

Roumain d’origine, (il me semble) usant d’un pseudonyme (m’est avis) adroit et chevauchant sans pomposité cette rosse automnale et d’adoption qu’est la langue française, après s’être débarrassé sans coup qui fait rire du nombrilisme moldavicieux et de l’ethnocentrisme de lansquenet de son cloaque ancestral, ce Radu Bata vient de ressusciter l’Ecriture du Fragmentaire !… Oui, Blanchot est mort, Georges Bataille n’a sans doute jamais existé, alors que Klossowski n’était qu’une réincarnation affectée de Nietzsche et Sade. Mais voici Radu Bata.

Dans cette « Mine de petits riens sur un lit à baldaquin » (aux Ed. Galimatias ), notre faiseur d’épiphanies langagières à l’incomplétude savamment gruyéresque nous livre un faux journal personnel qui mêle les genres et les styles, qui tend des fausses-trappes et jette des citations et allusions culturelles incongrues, juste pour nous apprendre à nous priver de boussole et nous faire ressentir plus que toute démonstration construite le fait que nous sommes des êtres de langage, qu nous sommes PARLÉS par le Logos.
Avec Radu Bata nous nous rappelons que nous vivons dans un Grand Monologue. Tous les blasphèmes, toutes les injures et les malédictions que nous pourrions proférer contre le Logos sont en en fait pour sa plus grande gloire. Quoi que je dise je parle et en parlant je lui rends louange. Le langage est ourobore et homophage. Un vrai Bataphysicien !…

Dan Alexe est linguiste, écrivain, journaliste, metteur en scène, etc. Ses films ont été sélectionnés à Cannes et présentés à Hollywood. Il parle, écrit et analyse une quinzaine de langues.

La Fièvre des corps célestes » vue par K-libre
http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=1961

« La fièvre des corps célestes » vue par un libraire, spécialiste des polars :

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.428411223843533.102706.100000239763818&type=1


J’ai goûté ce roman comme on savoure un plat dont on croit si bien connaître les ingrédients mais dont la dégustation se révèle être une explosion de saveurs. C’est parfois croquant ou fondant, sucré et épicé, corsé et plein d’arômes, parfumé et coloré. Et finalement plein de chaleur. Difficile de ne pas ressentir d’empathie pour Amalia Bostan et pour ses proches. Le lecteur se retrouve dans un univers douillet et accueillant dont il aura beaucoup de mal à faire le deuil une fois qu’il aura tourné l’ultime page.
Carmen Duca nous fait découvrir les détails d’une enquête qui semble insoluble et une écriture qui sert d’écrin à un verbe haut, délicieux, nous invitant parfois à partir à la quête de son sens. Des sens ?
Pas un hasard si le roman se révèle être un régal pour les papilles des lecteurs et titille aussi nos cinq sens.
« La fièvre des corps célestes » va vous clouer au lit pour un bon moment, véritable contagion émotionnelle qui vous réchauffera et vous tiendra au corps jusqu’à la dernière page. Vivement le prochain roman de Carmen Duca et de son héroïne Amalia Bostan, on en veut en corps en corps en corps !
Merci à Claude Mesplède pour la découverte.
Frédéric Fontès

http://www.4decouv.com/2012/02/chronique-la-fievre-des-corps-celestes.html

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